
la Conscience Individuelle est intégrée dans son écosystème: elle se pense individuellement dans un langage partagé par la Conscience Collective.
Fonctionnements et limites du cerveau
Perception Individuelle de la réalité
La perception que chacun a de la réalité est relative à sa carte du monde, définie par son âge, son sexe, sa culture, les événements et les idées auxquels il est confronté, ses propres réflexions, sa capacité à sortir des sentiers battus… Rien ne garantit que cette perception ait la moindre justification. Les schizophrènes ont par épisodes une perception totalement différente de leur environnement, dont ils sont, bien que parfaitement minoritaires puisqu’ils ont les seuls à l’avoir, autant persuadés du bien-fondé que les personnes non schizophrènes le sont de leurs perceptions partagées.
C’est la Conscience de la Conscience Individuelle qui permet de développer une critique salutaire individuelle et collective, peut être assistée de la Conscience Universelle, de cette perception Individuelle de la réalité. Cette critique, conditionnée par la Culture de chacun, est un outil de santé mentale, quoique limitée par le cadre social.

Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou.
Nietzsche
Le Gai Savoir
Conscient et Inconscient
Ce n’est au mieux que depuis le XIXe siècle que Sapiens Sapiens Sapiens a pris conscience de l’existence et de l’importance de son Inconscient.
L’Inconscient perçoit, alors que le Conscient analyse et décide en choisissant son identité. Mieux vaut alors une image de soi construite en Conscience qu’une image de soi empruntée à l’Inconscient Collectif.
L’ Inconscient individuel

L’Inconscient personnel est construit à partir d’éléments innés ou acquis tout au long d’une vie.
La modification de l’état de Conscience peut redéfinir la perception individuelle (voire collective) de cette réalité: L’inconscient – ce grand inconnu de la médecine rationnelle – est pourtant ce réservoir individuel d’émotions, d’ingéniosité et de créativité affranchi de la censure de nos peurs, notre ego, notre culture, nos distorsions cognitives et nos croyances limitantes, dans lequel nous pouvons puiser les ressources nécessaires. L’inconscient personnel est incommunicable.
L’ Inconscient collectif
L’Inconscient collectif comprend les méta caractéristiques innées propres à toutes les cultures (Dieu, Amour, guerre, recherche de sens, art, communication, masculin/féminin)
« L’inconscient collectif contient l’héritage psychique de l’humanité. »
Carl Jung
ainsi que les aprioris culturels et sociaux spécifiques de chaque culture.
Ecosystème de la Conscience Individuelle
Le christianisme a introduit une perspective différente et contribué fortement au développement de la conscience individuelle. Avec l’Incarnation, la relation de l’homme avec Dieu est vécue de manière éminente à travers la personne de Jésus-Christ ; elle s’individualise en prenant la forme d’une relation personnelle.
Moi
Parlons de moi, il n’y a que ça qui m’intéresse.
Descartes doute de tout – de Dieu, de la liberté, du bien, du mal, de la table en face de lui – mais alors, que reste-t-il ? Une seule et unique certitude : lui-même reste l’auteur de ses propres pensées. Je ne peux pas douter du fait que je suis en train de douter, et, par suite, qu’il y a bien un « je » qui fait cette expérience de pensée. « Je connus de là que j’étais une substance dont toute l’essence ou la nature n’est que de penser, et qui pour être n’a besoin d’aucun lieu ni ne dépend d’aucune chose matérielle ».
Le « MOI » conscient interagit par le langage conscient et inconscient avec la Conscience des autres à partir de sa Conscience de Soi et son image de soi. Les « MOI » conscients des Autres interagissent – selon les mêmes modalités – entre eux et avec le mien,

C’est ainsi que se construit l’Ego.
Conscience de Soi
La Conscience de Soi se développe par un processus d’individuation qui commence au moment ou l’enfant comprend qu’il n’est pas le centre du monde.
Image de soi
La conscience des mots amène à la conscience de soi : à se connaître, à se reconnaître.
Octavio Paz
Image occidentale de soi
Conscience de soi et conscience de l’autre
La Conscience des autres est nécessaire à la conscience de soi, puisque c’est par elle qu’elle émerge.

Acquise dès les premiers instants de vie dans le regard des parents protecteurs, son absence tue les bébés humains qui en ont un besoin vital ou au mieux va favoriser l’absence d’empathie et le développement de pathologies individuelles comme le sadisme ou la perversité narcissique.
« Mais assez parlé de moi, je vous écoute Messieurs, que pensez vous de moi? »
Le narcissisme n’a attendu ni les selfies, ni les réseaux sociaux, ni même les miroirs pour imprimer sa marque à la grande et à la petite histoire de l’humanité.
Raphael Gaillard
L’Homme augmenté
L’effet miroir

Je me vois me voir,
me voir,
me voir,
…
me voir…
L’Homme augmenté
L’enfant va pourvoir commencer à mimer son futur positionnement dans la Comédie Humaine.
A 18 mois, un enfant sur deux se reconnaît dans le miroir. Classiquement, il y parvient avant l’âge de deux ans, et c’est pour Lacan l’accès au stade du miroir, étape clé de l’organisation de sa personnalité. Il lui faut devenir capable de rassembler l’ensemble des composants de lui-même, à commencer par les sensations que les cinq sens donnent de l’expérience du monde. … //… C’est un tiers, un des parents et le plus souvent la mère, qui va montrer le chemin de l’unité à l’enfant. Ce que ce dernier reconnaît dans le miroir, c’est d’abord ce tiers. … //… pour Lacan, se reconnaître passe par le fait d’imaginer le regard de l’autre sur soi même, de la même façon qu’il a pu regarder l’autre dans ce même miroir. L’opération est complexe.
Raphael Gaillard

Lorsque une personne est à la fois sujet et objet de ses pensées, elle développe une conscience individuelle de sa conscience. En rupture avec le monde animal, cette évolution existentielle va lui demander un effort supplémentaire, car est elle est à la foi libératrice, mais aussi angoissante et aliénante:
- Libératrice, car elle permet de s’affranchir des conditionnements familiaux et sociaux, et d’ affronter la réalité en toute responsabilité,
- Angoissante, car aucune réponse n’est définitive. La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Nietzsche (« Deviens qui tu es ») nous oblige à remettre en permanence l’ouvrage sur l’établi,
- Aliénante car l’individualisme « libérateur », injonction paradoxale imposée par la société occidentale, porte en elle sa propre contradiction. « Sois libre »: si j’obéis, je ne suis pas libre (puisque j’obéis) et dans le cas contraire non plus.

L’image de soi est intégrée à son éco système, qui repose également sur la Conscience Collective et son corollaire: le langage.
L’image de Soi est à la fois Consciente et Inconsciente. La frontière entre ces deux univers est vivante; elle évolue au gré des sollicitations et des événements.
L’image de soi est l’image du moi projeté dans le regard de l’autre.
L’image de soi imaginaire est l’image du moi projeté dans un regard social imaginaire; elle constitue une part importante de l’identité enfantine, éphémère à l’occasion du jeu.
L’adulte construit progressivement sa propre image de Soi.
Image consciente de soi

L’image de soi réflexive nous est donnée à voir par le reflet du corps physique et de ses parures sociales (vêtements, uniforme, bijoux, etc..) dans le miroir.
L’image de soi sociale se lit dans le regard des autres. Cette lecture fait largement appel à la communication non verbale, elle même largement archétypale. Elle est le reflet in dividuel de la Conscience Collective.
Image inconsciente de soi
Qu’il s’ agisse des lézards, d’ abeilles ou de chimpanzés, ce sont les programmations comportementales héritées individuellement qui constituent les caractéristiques sociales du groupe.
A contrario, l’Inconscient individuel est propre à chaque humain, basé sur essentiellement sur les apprentissages effectués au cours de la petite enfance, et sur les refoulements effectués à l’âge adulte. Cet Inconscient influence profondément l’image objective de soi que chacun peut avoir en s’auto observant.
La maturité est un processus de prise de pouvoir progressive du Conscient sur l’Inconscient, qui reste son point d’ancrage dans le passé biologique de l’homme.

L’Individuation

L’Individuation est un processus d’alignement progressif et conscient de l’Ego et de l’Inconscient.
L’individuation est l’alignement de l’image sociale et consciente de soi sur les besoins préconscients du moi; il s’agit donc d’un processus d’émancipation de l’individu qui lui permet de s’affranchir du mimétisme social pour se définir de minière plus indépendante.
Image orientale de Soi

L’Orient a développé une capacité d’auto observation (sans analyse) de la phénoménologie individuelle, par la biais de la méditation et des arts martiaux.
La priorité bouddhiste donnée à la perception intuitive des phénomènes isolés ne permet pas leur méta-physique, c’est à dire à la construction de méta modèles de perception, qui permet leur unification dans le Soi.
Ainsi, pour le bouddhisme, toute perception de la réalité est impermanente. La vie est un enchainement d’expériences disjointes. Le soi est donc une illusion, car créé par la perception d’un enchainement, lui même impermanent, d’expériences également disjointes.
Conscience individuelle et individualisme
L’individualisme est — malgré ses limites — le contraire de l’esclavage. Il permet, et incite à une réflexion autonome et une décision responsable. Le rejet de la manipulation, le refus de la soumission permettent à chacun de se déterminer au mieux de ses intérêts physiologiques, psychologiques et économiques, en intégrant ceux de la collectivité. C’est la condition du contrat gagnant — gagnant entre soi et les autres, ce qui suppose une différenciation entre individualisme et égoïsme.

Les bienfaits de l’ individualisme
L’individualisme repose sur une prise de conscience de l’autonomie du moi, à qui il est demandé de s’affranchir des pré conditionnements collectifs (Yung), familiaux et sociaux. Il s’agit d’un renforcement de la conscience de la conscience, dont le développement est allé de pair avec celui de la psychanalyse (qui explore l’inconscient), mais aussi avec la pratique ancestrale de la méditation (qui observe les pensées conscientes, dans le but de les ralentir).
Conscience individuelle et autonomie
Une société individualiste et démocratique considère théoriquement tout individu comme une personne.
Au sens politique, le concept d’individualisme est inscrit dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. C’est à partir du moment où il a pris conscience de sa valeur individuelle qu’il s’est emparé de ses droits fondamentaux de réfléchir et de de s’ exprimer, d’entreprendre et de posséder.
Le développement mondial du niveau d’alphabétisation, l’accès universel – grâce à internet – à la connaissance donnent à chacun les moyens de développer son esprit critique.
Conscience individuelle et intelligence collective
Les actions coordonnées d’un groupe – ou d’une meute de prédateurs (car les proies semblent avoir tendance à s’isoler) – nécessitent, surtout lorsqu’elles sont improvisées, une conscience individuelle des enjeux et de l’intérêt bien compris du groupe et du sien. L’intelligence collective qui en découle est un critère d’adaptation individuelle et collective.
Les dangers de l’ hyperindividualisme
Gare au charlatanisme
Notre civilisation anxiogène a généré une foule d’anxieux, et sa cohorte de thérapeutes, plus ou moins improvisés et exclusivement tournés vers les thérapies individuelles (dites de développement personnel) alors que le problème est – de simple bon sens – autant individuel que collectif.
Fréquents chez les allergiques à la technologie (qui permet pourtant l’existence de ce blog), au matérialisme (généralement déconseillé aux autres) et chez les nostalgiques de l’obscurantisme du Moyen-âge, voire du retour à l’âge de pierre, le charlatanisme à tendance perverse narcissique s’entend ici par la défense de théories qui promettent hypocritement aux gogos (il en faut..) un paradis « rose bonbon » trop mièvre et trop sucré pour être honnête. Ce fantasme d’un univers imaginaire de Bisounours est caractérisé par:
- comme toute pensée unique : l’interdiction de tout esprit critique,
- Une censure implicite de l’opposition et la complémentarité entre amour et haine, douceur et violence, bonheur et malheur, bien être et souffrance, vie et mort, joie et peine, individualisme et collectivisme que nous expérimentons – parfois malgré nous – ici-bas, et qui constituent l’essence de la vie,
- Une arme de chantage normatif utilisée par tous les clergés de l’histoire monothéiste.
L’ individualisme infantilisant
Deviens qui tu es. Vaste et ambitieux programme, pour une population occidentale qui a perdu ses anciens repères spirituels, et qui s’en cherche de nouveaux.
Qui suis-je ? Qui ai-je envie je devenir ?
- l’homo sapiens avait des besoins, des envies, souffrait ou était heureux, simplement,
- l’homo sapiens sapiens a tenté de donner un sens à (depuis les origines du néolithique) ses besoins (réels ou supposés), ses envies, ses joies et ses peines. Cela lui a-t-il suffi pour devenir qui il est ?
Pour cela il doit définir individuellement qui il veut être : objectif ambitieux, tant son conditionnement subconscient et préconscient le canalise à son insu.
Cette révolution des consciences initiée par Nietzsche (deviens qui tu es [apprécie ta réalité et jette Dieu aux orties]) a dégénéré, par souci du moindre effort, en.. Deviens ce que tu as. Le miroir aux alouettes du marketing de masse nous a insidieusement fait glisser dans un cadre de substitution : nous sommes devenus en une génération ce que nous avons (notre travail, qui est devenu un luxe, notre voiture..), y compris le droit d’avoir tout et de préférence tout de suite, y compris le droit de faire tout et n’importe quoi en donnant des leçons de bonne conduite au monde entier.

Mais avoir pour avoir ne rend pas heureux : le tonneau des Danaïdes de nos envies se vide au fur et à mesure qu’il se remplit. Nous avons besoin d’être un peu plus sérieux et de donner un sens à nos actions et à nos avoirs, sans jeter le bébé avec l’eau du bain, c’est-à-dire en reconnaissant leurs nécessaires bienfaits.
L’ individualisme aliénant
L’individualisme, sous l’influence américaine d’après la Seconde Guerre mondiale et de mai 68, avait pour but l’émancipation du « moi » dans une société étriquée et coercitive. Cette révolution a réussi totalement dans le domaine de la libération sexuelle et partiellement dans celui du féminisme, mais a échoué dans son ambition d’une régénération démocratique. Réduit au rôle de client des marchands de liberté, l’Homo Sapiens Sapiens « libéré » est supposé intérioriser les sinistres manipulations du marketing politique auxquelles répondent les « fake news » d’ individus illuminés et farfelus ou des groupes de pression fanatiques du passé; à ce jeu de poker menteur, la démocratie risque de perdre son pari.
Toute société aristocratique ou fasciste (caractérisée par une pensée unique lobotomisante qui prend alors la forme d’une prophétie autoréalisatrice) favorise un fonctionnement communautariste.

L’entreprise libérée permet à ses défenseurs d’envisager une soumission totale de l’employé, prisonnier d’un écheveau d’injonctions paradoxales que ne dénierait pas Terry Gilliam.
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