La Conscience Universelle

Dieu est l’archétype le plus profondément ancré depuis le début de l’ Évolution Humaine ; il relie la Conscience Universelle à notre inconscient collectif et individuel. La foi ne relève pas de la croyance, mais d’une expérience intérieure qui procure la certitude (Jung).

Partant de ce principe, les religions historiques ont facilité la passage d’une Conscience néolithique aux Consciences de l’antiquité, dont nous ne faisons que commencer à sortir. Elles ont guidé, rassuré ou soumis les populations en tentant d’expliquer :

  • pourquoi on vit (pour plaire à un Dieu antropomorphe, l’implorer de résoudre les problèmes (dont il est plus ou moins à l’origine) ou remplir la mission qu’il nous a fixée),
  • comment vivre (par ex: en respectant l’éthique des 10 commandements), ce qui aujourd’hui est pris en charge par le développement personnel, le « team buiding », les sciences sociales et politiques,
  • comment fonctionne la vie (c’est la colère de Zeus qui déchaîne le tonnerre, etc..), ce qui aujourd’hui est pris en charge par la Science,
  • ce qui se passe après la mort (on va au Paradis, à condition d’être bien sage), question à laquelle personne ne peut répondre scientifiquement, en dehors des Expériences de Mort Imminente.

Ces axiomes induisent ou reposent sur un sophisme et une tautologie [je crois en un Dieu dogmatique (ou en mes Dieux), donc il(s) existe(nt); comme il(s) existe(nt), j’y crois] qui peut être source de confusion, lorsqu’elle s’ajoute à celle des effets hypnotiques du narratif antique qui les accompagne.

Mais, comme tend à le prouver l’improbable réglage des constantes de L’Univers connu, Dieu n’est pas mort. La science répondra progressivement et partiellement à la question du fonctionnement de la Conscience et de son corollaire : l’existence et la nature de de Dieu – déjà posée par Platon puis par les théologiens du Moyen Age – par une modélisation des hypothèses pour en valider une ou plusieurs par l’expérimentation, sans doute avec l’aide de l’Intelligence Artificielle et de la réparation / augmentation des fonctions du cerveau par des bricolages technologiques (qui permettront d’ en (in)valider certaines)…

Les tentatives de création de machines pensantes nous seront d’une grande aide pour découvrir comment nous pensons nous-même.

Alan Turing

… sans avoir la moindre chance de répondre un jour de manière tout à fait satisfaisante à la question « POURQUOI? », dont les réponses resteront individuelles, intuitives, émotionnelles, spirituelles et artistiques.

“Il n’y a pas moyen de contenter ceux qui veulent savoir le pourquoi des pourquoi.”

Leibniz

Énergie, Biologie et Conscience


En résumé, les hypothèses de la fonctionnement de la Conscience reposent sur plusieurs modèles complexes à débattre et à combiner, pour élaborer une Conscience de notre Conscience, sans qu’il soit possible – en dehors des progrès de la psychiatrie – de trancher scientifiquement pour le moment.

Trois options fonctionnelles:

option fonctionnelle 1: le support de la Conscience est de nature matérielle

C’est la matière, conformément aux théories physicalistes et matérialistes, qui crée la Conscience: tout système autonome en est doté. Conformément à ce paradigme matérialise, il est donc possible de créer une Conscience de synthèse et même d’ en copier une (tant qu’on y est..) en utilisant la technologie:

tant qu’on y est..

Les nominalistes – à la fin du Moyen âge – distinguaient ainsi nettement entre la réalité intangible, d’une part, et les différentes manières et formes dont notre esprit nous permet de la penser et d’en parler, de l’autre, rejoignant ainsi l’idéalisme ontologique; de sorte que, pour eux, le monde, la pensée et le langage étaient des systèmes logiquement indépendants. De la sorte, il devient possible de transposer la pensée dans un autre monde (du monde biologique à l’Intelligence Artificielle).
Bien que les robots n’aient ni conscient, ni inconscient, ni préconscient, ni anima, ni moi, ni surmoi, n’écoutent pas de musique, ne tombent pas amoureux et ne rêvent pas .. ou n’aient tout simplement pas d’âme.

option fonctionnelle 2: Le support de la Conscience est de nature biologique

Il n’y a pas de Conscience Individuelle sans un cerveau qui donne accès à une fraction fractale de la Conscience Universelle.

Âme et corps physique, esprit et matière sont indissociables. Notre Conscience crée notre perception de la matière, qui la façonne en retour. La Matière et la Conscience sont les deux facettes d’une seule réalité. Le cerveau humain a besoin de sa Conscience, et réciproquement..

A la fin du Moyen âge, les réalistes croyaient que le monde, la pensée et le langage étaient structurellement homologues, et qu’ils se reflétaient l’un l’autre, rejoignant ainsi les Idéalistes Epistémologiques.

.. /.. la pensée agit en retour sur le cerveau, ou plutôt l’une et l’autre, la pensée et le cerveau, ne sauraient s’affranchir l’une de l’autre. .. // ..pensée et cerveau ne font qu’un, agir sur l’un c’est agir sur l’autre.

Raphael Gaillard

L’homme augmenté

Cette hypothèse de l’idéalisme métaphysique a permis d’établir à la psychiatrie d’établir des schémas fonctionnels de la Conscience Individuelle.

option fonctionnelle 3: La raison et l’émotion pures existent sans la matière

“Chaque âme représente exactement l’univers tout entier…”

Leibniz

Âme et corps physique, esprit et matière sont parfaitement indépendants.

Ainsi naît un nouveau langage universel intergalactique: les mathématiques.

Si la raison et l’émotion sont pures, alors le cerveau hallucine le monde et est lui même une hallucination.

Ainsi, pour les conceptualistes,

  • la vie est un songe dont la réalité est une pure construction de l’esprit, choisie dans une infinité de possibilités, rejoignant ainsi les Idéalistes Métaphysiques,
  • C’est la Conscience qui imagine le monde, qui n’est que la perception biologique et intuitive par nos sens organiques (l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher, la vue, etc..) et nos émotions d’une « réalité » abstraite,
  • Le cerveau hallucine le monde.

Ainsi, la physique quantique tend à montrer que c’est la Conscience de l’observateur qui révèle la réalité matérielle.

Deux options existentielles:

option existentielle 1: L’homme fait partie d’un tout

La Conscience que nous avons de notre Conscience individuelle et collective est la composante fractale d’une part de Conscience Universelle. Ces trois niveaux de Conscience inter-rétro agissent en permanence pour constituer un objet vivant: l’âme humaine. C’est probablement le registre des religions historiques.

C’est notre Conscience individuelle qui, au diapason et en synchronicité permanente avec la Conscience Collective, cristallise à chaque « instant » une opportunité dans un champ infini de possibles combinaisons d’énergie qui sont autant de manifestations de la Conscience Universelle qu’elle « écoute » en permanence. Le cerveau humain a besoin de sa Conscience, mais l’inverse n’est pas vrai.

La non-dualité est un enseignement de plusieurs traditions telles que l’hindouisme (advaita vedānta), le bouddhisme, le taoïsme, le soufisme qui offrirait à l’homme de réaliser sa vraie nature par la compréhension intime qu’il ne fait qu’un avec tout.

Ainsi, dans les expériences de mort imminente, chaque Conscience Individuelle se fondrait elle dans une globalité divine et bienveillante et la mort clinique du cerveau ne serait qu’une transition vers un autre état:

Après avoir, depuis les années 50, disparu du paysage occidental, l’âme chère aux Conceptualistes réapparaît avec les recherches sur la mort imminente et la Conscience extraneuronale, qui resterait un instant – ou une éternité – en observation des conditions de sa propre mort terrestre (par une sortie de corps accompagnée de dons d’ubiquité, télépathies,..) avant de se fondre dans la Conscience Universelle ou choisir parfois de revenir par amour vivre sur terre (pour continuer une expérience dans un purgatoire qui se situe à mi-chemin entre le stage de survie et un séjour au Club Med (pour les plus chanceux)…), lorsque les fonctions vitales restent fonctionnelles et malgré une impossibilité médicale théorique (coma dépassé et mort cérébrale).

option existentielle 2: L’homme est isolé

Cette option est compatible avec l’ option fonctionnelle précédente.

Notre Conscience Individuelle jaillit spontanément; elle est purement indépendante et complètement isolée du reste du monde et de l’Univers.

L’anthropocentrisme est une conception philosophique qui considère l’humain comme l’entité centrale la plus significative de l’Univers et qui appréhende la réalité à travers la seule perspective humaine, individuelle et collective.

Le dualisme Indien Dvaita ( द्वैत en devanāgarī) est un terme sanskrit de l’hindouisme qui signifie dualisme, dualité. C’est une des écoles de la philosophie indienne Vedānta qui défend la théorie que Dieu (Brahman) est séparé de l’âme humaine.

Synthèse des hypothèses de fonctionnement de la Conscience

Dialectique de l’âme et de la Conscience

Mon âme est un orchestre caché ; j’ignore quels instruments jouent et grincent, cordes et harpes, timbales et tambours, en moi. Je ne me connais que comme symphonie.

Fernando Pessoa

Photo de Anete Lusina sur Pexels.com

Par association d’idée, le mot avenir me fait penser à « devin » parce que ce mot partagé collectivement y est associé dans ma Conscience Individuelle.

Ainsi, les notions de passé, de présent et d’avenir sont partagées et formalisées chacune dans un mot spécifique qui vient s’ajouter au vocabulaire, comme composant du langage parlé . C’est ainsi que les concepts d’avenir et, partant, de passé, se sont ancrés dans toutes les cultures.

Féconder le passé en engendrant l’avenir, tel est le sens du présent.
Friedrich Nietzsche

C’est pourquoi, si chaque pensée est individuelle et éphémère, des normes partagées de langage (vocabulaire, grammaire) permettent de la diffuser dans une Conscience Collective et trans générationnelle.

La pensée originelle, sorte de pulsion intuitive, est individuelle, ainsi que sa Conscience, qui devient alors collective par le biais d’un langage partagé.

Les Peuples Premiers voyaient des esprits partout: esprits des ancêtres, esprits des Dieux, esprit des animaux. Puis les Chrétiens ont théorisé le concept d’âme, sorte d’objet volant cosmique, invisible et non identifié, porteur d’un espoir de vie – ou de Conscience – après la mort. Plongeant ses racines dans « l’esprit des profondeurs » et s’élevant au delà des apparences, elle est pure abstraction vivante, à la fois individuelle, collective et universelle.

Certains peuples et certaines nations ont ainsi conservé une âme collective, par la persistance orale et (ou) écrite d’une mémoire ancestrale.

Dans ces hypothèses, l’intelligence artificielle n’ayant ni pensée individuelle spontanée et autonome ni pulsion de partage, n’a ni âme ni Conscience.

« Il a donc fallu que je parle à mon âme comme à quelque chose de lointain et d’inconnu qui n’existe pas par moi mais par qui j’existe. »

C.G. Jung

Le Livre Rouge

La nouvelle spiritualité

Le posthumanisme surgit comme un chien philosophe, scientifique et technophile dans le jeu de quilles des antiques religions révélées, qu’il condamne à l’effondrement dogmatique, car elles n’ont pas envisagé ce scénario complexe: ce n’est plus seulement Dieu qui invente la vie, mais Dieu qui invente la vie, qui invente l’homme, qui, la modifiant à son tour, se réinvente au passage. En espérant que ce transfert de responsabilité ne lui donne pas le vertige… Si l’homme est désormais – grâce, ou à cause de lui-même – en mesure de définir sa propre nature, il se substitue aux Dieux anthropomorphes traditionnels.

Ce Créationnisme d’un nouveau genre est très éloigné du maelstrom de la plupart des religions historiques et entraînera dans son sillage de nouveaux schémas politiques. Conservant les sens du sacré, mais dépouillée de ses attributs religieux, la Conscience de la Conscience et celle de l’âme n’auront besoin, pour éviter de grossières erreurs, ni d’adoration, ni de dogmes, ni de rites, ni de liturgie, mais simplement d’une pratique philosophique et scientifique, intelligente et attentive, sans pour autant rejeter les côtés progressistes des philosophies transmises par les religions historiques, quelles qu’elles soient, et qu’il faut remercier car elles ont fait de nous – à notre insu – ce que nous sommes, c’est à dire des êtres théoriquement un peu moins épouvantables qu’avant, quoiqu’ infiniment plus nombreux et mieux outillés …

La disparition programmée du travail aliénant et de ses rapports de force devenus futiles, et la fin des modèles religieux anthropomorphes au profit d’une spiritualité plus abstraite sont autant de nouvelles pistes qui, associées aux extraordinaires possibilités, mais aussi dangers, du post humanisme signe la fin d’un cycle de civilisations qui va nous obliger à revisiter nos bases éthiques. Il est trop tard pour reculer.

Les religions – tout comme les mythes politiques – ont très souvent conduit à une forme de délires collectifs, par la prise de pouvoir du clergé sur les Consciences et son contrôle par le pouvoir politique, qu’il soit l’émanation d’une religion d’État ou d’un État religieux. Elles fournissent en effet à une partie de l’humanité, qui patauge encore dans son antiquité, un « prêt à penser » confortable, mais de plus en plus archaïque. Conçues sur des postulats dépassés, elles ont répondu à l’angoisse existentielle de l’Homo Sapiens. Elles lui ont permis d’évoluer dans le cadre de ce qu’il a cru être: un être de Conscience dont le comportement restait plus ou moins déterminé par Dieu, créateur de toute chose.

Les guerres de religion contemporaines, qui auront probablement servi de catalyseur à l’Évolution, déjà largement instrumentalisées, sont – par conséquent – engagées à leur insu dans un processus de fossilisation qui aboutira probablement au siècle prochain, pour se dissoudre dans la société civile.

Un combat entre science et religion contraindra les églises à un changement de paradigme ou à l’implosion. Si le XXIe siècle devait être spirituel ou ne pas être, la Conscience de la Conscience diminuera le poids étouffant de l’image anthropocentrique de Dieu et le XXIIe siècle sera libéré — par l’émergence d’une pensée complexe autonome et non violente — du poids des Dieux du passé ou ne sera plus.

Mon intime conviction

Conscience et liberté

La liberté de Conscience s’appuie sur la liberté de pensée, qui s’appuie à son tour sur la liberté de savoir.

La diversité des sources de savoir permet à la pensée de se déployer à l’infini, permettant ainsi à la Conscience de s’en approcher.

En mon âme et Conscience …

Tous les êtres vivants (végétaux et animaux, humains) sont dotés d’une intelligence plus ou moins élaborée; si les animaux présentent souvent de fortes capacités d’empathie inter et intra spécifique, mais n’ont qu’une Conscience de Soi plus ou moins limitée, les humains bénéficient désormais d’ une Conscience Collective approfondie de leur Conscience individuelle (héritée de celles des animaux par le biais des puissants instincts primaires et archétypes collectifs qui – bien que pas toujours adaptés aux exigences du monde contemporain – nous ont été transmis intacts, ne l’oublions pas), les robots, qui n’ont ni âme ni empathie ni Conscience, ne pensent pas (mais se contentent de simuler la pensée par des algorithmes d’apprentissage automatique couplés à des algorithmes prédictifs), et doivent être cantonnés au rôle de serviteur.

Conscience et énergie

La Conscience que l’être humain a de sa Conscience est une transformation biologique et une projection fractale d’une part d’énergie universelle qui se manifeste incomplètement à ses sens et à sa rationalité intuitive et biologique et depuis peu (bien que les spiritualités préhistoriques en aient eu une forte intuition) à sa compréhension abstraite et contre-intuitive sous la forme d’une modélisation multidimensionnelle (Rock ‘n’ roll de l’espace, du temps et de la gravité, Charleston des ondes et (ou) particules diverses sous l’effet de l’ intrication quantique et des probabilités, ..).

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Lavoisier

Conscience et responsabilité

Les apprentis sorciers du Post Humanisme doivent comprendre, dans leur délire narcissique, que le commerce (hors usages thérapeutiques) de Consciences biologiques de synthèse, génétiquement modifiées et reproductibles – par l’achat de gamètes et la vente de fœtus génétiquement améliorés – est un jeu risqué, car l’humanité n’a pas encore acquis une compréhension suffisamment claire de la Conscience Universelle et de ses interactions avec sa Conscience Collective et Individuelle ..

Vivra t on des Conciles post-religieux arbitrer l’appartenance à l’humanité des clones d’ humains et des humanoïdes, « surhomme-machines » ou objets chimériques de synthèse, en leur déclarant la guerre?

A moins que ce ne soit l’inverse ..

Nous avons des émotions paléolithiques, des institutions médiévales et une technologie divine. Et c’est terriblement dangereux, on approche maintenant d’un point de crise globale.

Edward Osborne Wilson



10 réflexions sur “La Conscience Universelle

  1. Votre dissertation très détailler sur la conscience universelle est très intéressante et très pertinente. Pour moi, je pense que le monde est en train de connaître une nouvelle conscience. Où les valeurs de l humanité sont revus sur un plan divin et où il y à un travail sur l inconscient de chacun.

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