Guerre et Paix sont indissociables: minoritaires dans les pays les plus développés, les personnes qui ont connu la guerre vont naturellement préférer la Paix, car elles savent de quoi elles parlent.
Un peu d’histoire
Pendant 99 % de l’histoire de l’humanité, l’homme a été chasseur, pêcheur et cueilleur. Puis est venu le moment où il a inventé l’agriculture et de l’élevage: c’est l’irruption du néolithique : « (l’Âge) nouveau (étymologiquement néo) de la Pierre (étymologiquement lithique)».
Le passage de l’état de chasseur-cueilleur à celui d’agriculteur éleveur (entre 13 000 ans et 10 000 ans av. J.-C. selon les sources et les régions) est le signe de la transition néolithique. La sédentarité permise par l’agriculture donne naissance ou renforce le sentiment de propriété : c’est vraisemblablement le début des premières guerres de territoire marquées par la systématisation des hiérarchies sociales, l’invention de la monnaie, l’idéalisation de la mort, les premiers monuments , la naissance de l’individualisme (Culture campaniforme, Stonehenge) et d’ une spiritualité qui sera progressivement de plus en plus abstraite (animiste, puis polythéiste et enfin monothéiste).
L’art Européen de la Guerre, du Moyen âge et à la Renaissance, fauchait moins d’hommes et de femmes que les disettes et les pandémies. Le vaincu achetait sa liberté contre rançon, on se mariait entre cousins avec la bénédiction de l’église et tout rentrait provisoirement dans l’ordre.
En mai 68, les jeunes qui avaient eu 20 ans en 1945 en avaient 43, et tout le monde (en Occident et ailleurs) se souvenait. Ce fut une belle période de Conscience déjantée, Peace and Love et Flower Power qui n’avaient que faire des médias qui encourageaient la guerre du Vietnam.

Aujourd’hui
Les défis posés par les progrès scientifiques et technologiques, les nouveaux désordres écologiques, les délires hygiénistes, eugénistes et posthumanistes, le surarmement, l’archaïsme des conflits géo politiques, la régression sociale dans les pays les plus développés, les séquelles d’une colonisation puis d’une décolonisation manquée associés à un accroissement sans précédent de la population mondiale et de son niveau d’alphabétisation sont tels que le paradigme fourni par les confortables « prêts à penser » religieux encore vivants ou politiques encore actifs se révèlent de plus en plus dépassés, tout en servant paradoxalement trop souvent de refuge à des esprits perdus.
La multiplication de blocs continentaux surarmés crée une situation d’autant plus incontrôlable, que chacun cherche à protéger un sanctuaire géographique dont les limites sont définies par l’histoire, le jeu des alliances, celui des actions/réactions/contre réactions agressives, et ses frontières (qui n’arrêteront pas les retombées radioactives), en empiétant sur le territoire du voisin.
La situation militaire a évolué: les blocs (Europe, USA, Russie, Chine, et bientôt: Inde, Pakistan, Brésil, etc..) disposent ou disposeront d’ici une décennie ou deux des moyens de se croire les plus forts, ce qui constitue au fond, pour la planète, un enjeu inédit de survie écologique autrement plus inquiétant que le réchauffement climatique.

Pourtant, le suicide collectif des deux première guerres mondiales a pratiquement atteint son objectif: l’essoufflement de la civilisation d’inspiration gréco-romaine et judéo-chrétienne qui en est à l’origine est désormais patent.
L’aristocratie a trois âges successifs: l’âge des supériorités, l’âge des privilèges, l’âge des vanités; sortie du premier, elle dégénère dans le second et s’éteint dans le dernier.
Mémoires d’ outre-tombe
Vicomte de Chateaubriand
Ainsi la guerre froide n’a évité que de justesse un dérapage nucléaire.
L’histoire reste une Tragédie Grecque: chacun est persuadé d’avoir raison, mais tout le monde a tord. Et ça se termine mal pour tout le monde…
Il faudrait avoir des dons de prophète pour être en mesure de faire la distinction entre marche, dérive et chute.
Après nous le déluge
Peter Sloterdijk
Le passé n’a plus d’avenir géopolitique
Les rivalités exacerbées autour des territoires ethniques, géographiques ou religieux continuent à structurer les relations internationales. Dans un contexte de plus en plus instable, le déterminisme historique est devenu notre prison collective. Son inertie est telle que les adolescents attardés, cupides, sournois, pervers, souvent arrogants ou aigris et parfois même idiots (plus ou moins utiles) dont le système de pensée actuel continue de se repaître et qui continuent de « diriger » cette planète n’ont d’autres solutions au problème de préservation des équilibres géopolitiques que le classique cercle vicieux du cynisme et de la terreur, qui est censé nous protéger.
Compte tenu de la puissance des armements modernes, le bilan bénéfices/risques de ce sophisme géo-politique et historique est désormais totalement déséquilibré. On ne sait plus, à force de fake news et de tensions accumulées, qui est qui et qui hait qui.
A l’heure d’internet, de l’Intelligence Artificielle, des avions de ligne, des échanges économiques croisés et des vols spatiaux habités, nous en sommes encore à la Guerre des Boutons.

C’était avant que les jeux vidéos et la méthode globale ne les lobotomisent en partie ..
Nécessité d’une Conscience Collective
Le monde moderne a une double personnalité: celle d’un opportunisme économique qui cohabite – de manière parfois parfaitement contradictoire – avec le cynisme géo politique. Dans une telle pagaille, le chef d’État un peu angélique qui aurait la bonne idée de refuser de se plier à la loi d’airain de l’Égoïsme Sacré des États cher au Général de Gaulle risquerait le ridicule et la spoliation, quand ce n’est pas la mort. Il est prisonnier de ce cercle vicieux ainsi érigé en doctrine. La bêtise et la méchanceté se font ainsi concurrence jusqu’à l’absurde.

D’après le psychiatre Paul Watzlawick, il suffit, pour réussir à échouer, de trouver à chaque problème une solution avec la neutralisation de ceux qui le posent.
A l’issue d’une guerre, la morale, l’histoire et le droit sont systématiquement du côté du plus fort.
“La première victime d’une guerre, c’est la vérité.
Rudyard Kipling
Il n’y a donc malheureusement pas de guerre illégale: il n’y a que des combattants stupides; certains l’étant parfois – conjoncturellement – moins que d’autres ..
“L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat.”
De Sun Tzu / L’Art de la guerre
L’éventualité d’un pouvoir mondial et central n’étant plus vraiment d’actualité, seule une Conscience Collective de notre Connerie Individuelle permettra d’échapper au pire.
La mère des Cons est toujours enceinte.
proverbe Guatémaltèque / Pierre Perret
Les politiciens, enfermés dans leur tour d’ivoire sécuritaire, semblent avoir un besoin urgent d’une thérapie individuelle et de groupe à l’usage des chefs d’État, diplomates et Consorts, organisée par des spécialistes de psychiatries aussi différentes que celles issues des cultures Africaine, Indoue, Chinoise, Japonaise, Eskimo, Inca, Slave ou Celtique, par ex. …
A moins que la féminisation du pouvoir et des Consciences ne sauve l’humanité ..
Ou qu’une Conscience Universelle ne soit à l’œuvre à notre insu, pour nous inviter à évoluer ..
Pratique de la non violence
La non violence est un non sens. La vie animale est violente, et l’homme reste un animal: ce constat n’appelle ni peur, ni haine, ni jugement. Il ne s’agit pas ici de tomber dans la naïveté d’un Boboniais mais de réfléchir aux postures philosophiques, intellectuelles et psychologiques propres à éviter des souffrances inutiles.
Les conflits modernes se développent selon plusieurs axes:
- l’action militaire qui repose sur la neutralisation physique de l’adversaire, est multimodale, complexe et soumise à des techniques en permanente évolution, mais suffit de moins en moins à assurer une victoire entre des adversaires suréquipés,
- la communication joue évidemment un rôle déterminant en devenant une propagande de guerre, chacun jouant de ses propres éléments de langage pour attirer l’attention sur ses motivations affichées et soumettre psychologiquement – éventuellement par un esclavage consenti – l’adversaire, tout en se gardant bien sûr d’afficher ses motivations cachées,
- la guerre économique et monétaire, qui a toujours été un des nerfs de la guerre, a pris une importance associée à son impact sur le niveau de vie des populations liées par des interdépendances économiques croisées,
- enfin la guerre juridique permet à chacun de créer les pseudo lois destinées à couvrir ses propres exactions.
Ces guerres multimodales sont alimentées par l’absence de méta – conscience et entretenues par une pensée clivante. La Conscience collective de chacun des groupes ne reconnaissant pas celle des autres, les intérêts particuliers l’emportent sur l’intérêt général. La Conscience individuelle de chacun des combattants, elle même altérée par un conditionnement social plus ou moins imbécile, est à son tour balayée par l’inertie historiques des plaques tectoniques en présence.
Seule l’émergence de la conscience de notre responsabilité individuelle et collective inscrite dans une approche moderne de la Conscience Universelle permettra de concevoir le cadre d’une pensée authentiquement pacificatrice. En attendant, des postures de combat adaptées peuvent limiter la casse, à condition de garder ses nerfs.
La posture du fort au faible
Négocier
Assimiler
Fusionner
La posture du faible au fort
Utiliser l’énergie de son adversaire
La posture de l’attaquant
Vaincre sans combattre
Messieurs les Anglais, tirez les premiers
à suivre ..
Convaincre …
à suivre ..
sans humilier
à suivre ..
La posture de l’attaqué
Analyser
L’équation psycho sociale et les intérêts objectifs en jeu ..
L’éventuelle perversité des tiers
Négocier
à suivre ..
Fuir
à suivre ..
Contourner
à suivre ..
Retourner la situation
Soumise à une évolution chaotique, la vie joue en permanence à qui perd gagne.
récupérer l’énergie de l’adversaire.
à suivre ..
La posture du gagnant
gérer son égo.
à suivre ..
La posture du perdant
gérer son égo.
à suivre ..
2 réflexions sur “La Conscience et la Paix”