Conscience, Cultures et Civilisations

L’autonomie de la conscience individuelle est limitée et encadrée par l’inconscient collectif, sorte de pré conditionnement biologique qui peut mener à ce qui pourrait ressembler à une forme d’inconscience collective, si celle ci n’était pas, paradoxalement, une des conditions d’émergence de la culture, collective par définition.

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Si vous trouvez que la culture coute cher, essayez sans…

../.. la culture tente de parachever l’Homo sapiens. C’est parce qu’il est par nature inachevé à la naissance qu’il est déterminé par la culture. Il est le réceptacle de tout ce qui lui sera transmis.

L’homme augmenté

Raphael Gaillard

Une Culture repose sur un partage de valeurs communes agrégées le plus souvent au cours de l’histoire par mimétisme au sein d’un groupe, autour de sa mentalité, faite de postures au quotidien, de ses sujets et sur la qualité de ses productions spirituelles, littéraires, scientifiques, artistiques et sensuelles, qui donnent la tonalité à laquelle l’individu est invité à s’identifier. La Conscience de la ou des Cultures qui l’animent structurent l’ identité collective de chacun.

Nous ne connaissons les Cultures passées que par les Artefacts qu’elles nous on laissés, jusqu’à l’invention récente des technologies audiovisuelles, qui nous laissent des indices vivants sur la mentalité de leur époque. Une civilisation repose sur la mémoire entretenue de rites et de légendes, issues de cultures antérieures et (ou) voisines.

Mentalité et productions culturelles peuvent être dissonantes (faites ce que je dis mais pas ce que je fais..), ou au contraire cohérentes.

Evolution et Cultures

On observe chez l’homme une Prévalence naturelle de l’évolution culturelle sur l’évolution biologique.

La Conscience organisée en système dynamique et vivant permet l’émergence de rites et de mythes propres à chaque culture.

Les horloges biologiques et culturelles de l’homme ne sont pas synchrones

Darwin – Lamarck

Quand Darwin (1809-1882) a eu la géniale intuition d’une évolution réglée par le hasard des mutations génétiques et la nécessité de leur adaptation à un environnement chaotique, Lamarck (1744-1829) avait déjà imaginé un modèle d’évolution basé sur l’apprentissage : les générations suivantes auraient hérité génétiquement — selon lui — d’une adaptation spontanée aux conditions vécues par les générations précédentes.


Sans empiéter sur l’épigénétique (ni rappeler les pathétiques élucubrations de Lyssenko, qui prétendait pouvoir modifier la génétique des plantes en une génération dans des camps soviétiques de rééducation végétale), si l’on accepte l’idée que la nature humaine impose depuis l’homo sapiens une dimension culturelle à l’évolution en la substituant largement à l’évolution biologique, qu’elle complète par ailleurs, le modèle de Lamarck prend — sans conteste — tout son sens par la transposition de ce modèle purement biologique à celui du Darwinisme culturel, appliqué au hasard des mutations culturelles et à la nécessité de leur adaptation à un environnement instable, et démultiplié par les capacités d’apprentissage:

« Toute culture vivante naît à partir d’une culture vivante. De là, s’il existe des cultures plus complexes que d’autres, c’est nécessairement qu’il y a eu une histoire pour en arriver là, c’est-à-dire une évolution des cultures. »

Le concept d’évolution est une nécessité théorique à l’explication de la présence de cultures complexes, diversifiées et vivantes, qui ne sont pas tant le produit du jeu biologique que le produit historique d’une destruction créatrice culturelle. La Mondialisation existe depuis — au pire — la première guerre mondiale, au mieux depuis le néolithique. Des échanges intenses ont existé dès le néolithique, illustrant en cela l’extraordinaire capacité des cultures dominantes à se diffuser et à s’auto organiser, comme en témoigne la distribution des mégalithes dans le monde ou plus simplement de pointes de lance en jadéite du sud des Alpes à Quiberon.

La saga du zéro montre bien s’il en était besoins l’ impact des passerelles chronologiques et géographiques entre les « blocs » géoculturels.

Grace aux échanges culturels (actuellement favorisés par internet, la mondialisation économique et le tourisme de masse), le transformisme de Lamarck vient au secours de l’évolutionnisme Darwinien: l’Évolution humaine n’est plus uniquement le fruit d’un combat sans merci entre primates (ouf!); elle devient ainsi et avant tout un phénomène d’auto régulation culturelle, fruit de l’apprentissage, de l’émotion, de l’analyse et de l’imagination – souvent rebelle – au service du chaos et de la nécessité.

La Culture est un être vivant

Comme tout être vivant, le principal objectif d’une Culture est la survie. Les peuples anciennement colonisés cherchent ainsi à s’émanciper du cadre étouffant laissé par leurs anciens maîtres. Des cultures traditionnelles ressurgiront, métissées, enrichies et donc nécessairement différentes, avec une vigueur inattendue . Ainsi, la culture asiatique impose déjà sa vision moins clivante et plus subtile des rapports de complémentarité entre les contraires.

La Culture est une ouverture d’esprit

La Culture de chacun et de tous s’exprime dans son rapport à l’art, mais se manifeste aussi par sa notion de la Responsabilité, son Humour, sa vision de l’Amour, de la Liberté, du temps qui passe et … son rapport à l’argent.

Histoire récente et actualités

Croire l’histoire officielle, c’est croire des criminels sur parole.

Simone Weil

La culture Occidentale s’est imposée au monde par sa capacité à faire en permanence bouger ses propres lignes, grâce à l’abstraction mathématique, son exceptionnelle créativité, son matérialisme industriel et son pragmatisme. Sa mondialisation est arrivée à son apogée, et entame une phase de déclin relatif:

  • Bien qu’ atteinte d’anthropophagie culturelle, la France, révolutionnaire puis coloniale, a inventé et poussé très loin, en même temps que des méthodes coercitives équivoques au service de son arrogance universaliste, une riche et belle Culture des Cultures (à l’exception notable de celle de ses minorités bretonnes, basques et corses, « étudiées » avec autant de condescendance et moins d’intérêt que – par exemple – la Culture des tribus d’Amazonie, au demeurant magnifique) qui, quoique très académique, a ouvert malgré tout, paradoxalement, la voie – purement théorique – à la curiosité, au respect, à la diversité et à l’ouverture d’esprit. Avant d’être à son tour: victime de son histoire, et peut être de sa mentalité, vassalisée, aseptisée, diluée dans une mayonnaise diabétique, raccordée au gros intestin mondial (dixit Antoine de St Exupéry peu avant sa mort), mise sous cloche, muséographiée, bobo-isée, complexée, aigrie, souffrant, à son tour, après l’avoir infligé aux autres, d’une perte d’ identité à tendance dépressive, bref … sacrifiée, avec l’assentiment du prince et de l’ église, sur l’autel du Dieu Dollar, elle a brillé de tous ses feux, dont certains clignotent encore et tentent désespérément de continuer à éclairer,
  • L’Angleterre du XVIIIè siècle a mis à profit sa culture maritime et ses nouvelles compétences industrielles pour dominer les mers, pratiquer le pillage d’importation et exporter son mépris de classe,
  • Depuis la fin de la seconde guerre mondiale,
    • les USA ont tenté d’imposer le culte universel mais monomaniaque de la Culture du Dollar, jusqu’à (depuis la chute du mur de Berlin) l’aveuglement et sans prendre le soin de s’ouvrir à d’autres options ni de pratiquer d’alternance à ce rouleau compresseur et dominateur. La finance, moteur d’un développement économique et technologique mondial sans précédents, y a joué un rôle symbolique et opérationnel essentiel,
    • la logique de l’ évolution a donné lieu à toutes sortes de résistances alternatives, religieuses, écologiques, systémiques…
  • Les peuples Russes, Chinois et Indiens, ainsi que Sud Américains et Brésiliens semblent peu enclins à se plonger à corps, âmes et porte feuilles perdus dans le fleuve vert dollar et rouge sang des dominations Anglo Saxonnes et Européennes de ces derniers siècles. L’empire financier se heurte désormais à une coalition des vieux empires féodaux héritiers du Moyen Age, du Communisme ou de la colonisation, qui n’ont fondamentalement rien à lui envier en matière de violence systémique.

Marx s’est noyé dans le Coca

Cependant, les Romain étaient .. latins!

Les « wokes », qui ont interdit l’enseignement de l’histoire Grecque et Romaine (supposée raciste) à l’Université de Princeton, n’ont rien interdit, car les professeurs n’enseignaient manifestement pas grands chose. En effet, les «non blancs» étaient, pour les Grecs et les Romains, non seulement (grâce par exemple à l’influence de l’Égypte et d’un ensoleillement privilégié), à l’origine même de leur civilisation, mais consubstantielle à leur identité méditerranéenne. Interdire l’enseignement de l’histoire de ces civilisations sur des critères racialistes, revient :

  • non seulement à faire croire implicitement qu’elles étaient « WASP » (bien avant la naissance du Protestantisme..) ,
  • mais aussi à nier et oublier :
    • leur nature évidemment méditerranéenne,
    • l’indifférence historique aux racisme scientifique qui a prévalu dans la construction de l’Europe jusqu’au XVIIIè siècle, ou au moins jusqu’à la Controverse de Valladolid.

Coupés d’une partie de leur passé, les victimes déplacées du wokisme auront d’autant plus de mal à se construire un avenir.

Portrait de Zénobia, Fayoum (2e s.)
Marx s’est noyé dans le Coca.

Si le racisme est un non sens scientifique, la « Cancel Culture » est le scalpel utilisé pour la dissection du conformisme historique traditionnel. Sans tomber dans les dérapages abscons que sont l’indigénisme identitaire et racialiste, le différentialisme, le ségrégationnisme, et autres -ismes, qui sont des réponses compliquées, laborieuses et surréalistes, d’origine nord américaine, à la ségrégation raciale Anglo Saxonne (dont l’étanchéité inter ethnique n’existe pas de manière aussi brutale et clivante dans les pays Latins, historiquement parfaitement métissés), le décolonialisme permettra néanmoins aux humiliés (y compris Bretons) de l’histoire coloniale européenne de faire bouger les lignes, de se (re)définir, de s’imposer, d’exister et de revisiter la laideur du passé, qui n’a eu de cesse que de se draper dans ses beaux principes tout en maintenant soigneusement un système de castes avec la perversité narcissique assez grossière qu’on lui connaît.

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